
Santé globale : pourquoi la prévention devient une compétence professionnelle à part entière
Par le Dr Édith Perreaut-Pierre, médecin du sport, conceptrice des Techniques d’Optimisation du Potentiel (TOP)®
La rentrée est traditionnellement le moment où les organisations reprennent leur rythme de croisière. Elle est aussi, chaque année davantage, le moment où la question de la santé globale des équipes et des dirigeants revient au premier plan des préoccupations RH et managériales.
Le dernier baromètre Empreinte Humaine–Ipsos BVA, publié début juin 2026, en dit long sur l’ampleur du sujet : la moitié des salariés français présentent aujourd’hui des signes de détresse psychologique, un niveau jamais atteint depuis le lancement de cette étude en 2020 [1].
Un tiers des salariés se trouve en risque de burn-out, et le risque de burn-out sévère a doublé par rapport à la période précédant la crise sanitaire [1].
Ces chiffres ne sont pas de simples indicateurs sociaux : ils se traduisent concrètement dans les organisations, avec une part importante des salariés qui déclare avoir travaillé moins efficacement ou avoir dû s’arrêter, ne serait-ce que quelques jours, sous l’effet de ces difficultés [4].
Face à cette réalité, la santé globale — celle des personnes autant que celle des collectifs de travail — ne peut plus être traitée comme un sujet périphérique.
Elle devient une compétence à construire, à entretenir, à transmettre. C’est précisément le terrain sur lequel les Techniques d’Optimisation du Potentiel (TOP)® ont été conçues, et celui sur lequel les Praticiens formés à cette méthode interviennent aujourd’hui.
Une méthode née dans des environnements à haute exigence
J’ai mis au point la Méthode TOP© dans les années 1990, à partir de mon expérience de médecin du sport chargée de la préparation mentale de sportifs de haut niveau, puis de la gestion du stress et de la fatigue opérationnelle au sein des armées, notamment auprès de personnels navigants [2][3]. Ces environnements ne laissent pas de place à l’approximation : il fallait des outils simples, rapides à mobiliser, efficaces dans l’instant, et transmissibles à des personnes qui n’ont ni le temps ni toujours l’envie de s’installer dans une démarche psychothérapeutique classique.
C’est cette exigence de terrain qui a façonné la méthode.
Trente-cinq ans plus tard, les TOP sont déployées dans des secteurs aussi variés que la police, les pompiers, la santé, l’éducation et de nombreuses entreprises privées, quel que soit le niveau de responsabilité des personnes accompagnées [2].
Cette diversité de terrains d’application constitue en elle-même une validation par la pratique. Une méthode qui fonctionne aussi bien pour :
– Un pilote de chasse en situation opérationnelle
– Que pour un manager en réunion tendue
– Un soignant, un enseignant, un travailleur manuel
– Ou un salarié en reprise après un arrêt
Le Praticien TOP, un acteur de la prévention et du changement comportemental
La spécificité du Praticien TOP ne réside pas dans la gestion de la crise une fois qu’elle est déclarée, mais dans sa capacité (à se gérer lui-même et) à intervenir en amont auprès des autres : apprendre aux personnes accompagnées à repérer leurs propres signaux de fatigue avant l’épuisement, à réguler leur niveau d’énergie tout au long de la journée en fonction des exigences réelles de leur activité, à retrouver rapidement un état de calme ou de mobilisation selon le besoin du moment.
Ce travail touche directement au changement comportemental — non pas au sens d’une injonction à « mieux gérer son stress », mais au sens d’un apprentissage progressif de gestes et stratégies simples, répétés, qui deviennent des réflexes disponibles y compris dans les moments où la personne a le moins de ressources pour y penser.
C’est cette dimension pragmatique, davantage que la seule connaissance théorique du stress ou de la fatigue, qui distingue l’accompagnement par un Praticien TOP et qui en fait un levier de prévention concret pour les personnes comme pour les organisations qui les emploient.
Quel que soit le secteur d’activité — industrie, BTP, santé, secteur public, tertiaire — les mêmes mécanismes de charge mentale, de fatigue cumulée et de perte progressive d’énergie sont à l’œuvre.
Les Praticiens TOP apportent une réponse transversale, adaptable à chaque contexte professionnel et à chaque personnalité.
Se former pour devenir acteur de cette prévention
Cette rentrée constitue une occasion concrète de s’engager dans cette voie. Elle s’adresse aux professionnels de la santé et du médico-social, aux formateurs, coachs et indépendants, ainsi qu’aux entreprises souhaitant former en interne un ou plusieurs relais sur ces sujets.
Au-delà de la formation initiale, le cursus complet de Praticien TOP permet d’aller plus loin dans la maîtrise et la transmission de la Méthode.
Prendre soin de la santé globale, la sienne et celle de son organisation, ne s’improvise pas : cela s’apprend, se pratique et se transmet.
C’est tout le sens de l’engagement des Praticiens TOP.
Bibliographie
[1] Baromètre Empreinte Humaine–Ipsos BVA, 16e édition, publié le 2 juin 2026.
[2] Techniques d’optimisation du potentiel, Wikipédia (consulté en 2026).
[3] Édith Perreaut-Pierre, Comprendre et pratiquer les techniques d’optimisation du potentiel, et Le Grand Livre des Techniques d’Optimisation du Potentiel, Dunod.
[4] France SST, « Santé mentale au travail : enjeux et chiffres clés 2026 ».