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Face au cancer : solitude, métamorphose et ressources insoupçonnées

Blog
Publié le 4 février 2026

Face au cancer : solitude, métamorphose et ressources insoupçonnées


Juillet 2023. Une opération bénigne qui bascule en diagnostic de cancer du rectum, l’un des plus fréquents et pourtant méconnus chez les femmes de plus de 50 ans.

Sept mois de traitements intensifs s’ensuivront. Mais au-delà du protocole médical, c’est deux années de transformation profonde qui commencent. Un parcours qui m’a rendue plus humble, plus lucide, plus forte. Et qui m’a confirmé l’importance vitale d’outils comme les TOP® pour traverser l’innommable.

Les Techniques d’Optimisation du Potentiel® (Méthode TOP©), développées par le Dr Edith Perreaut-Pierre, sont des méthodes psycho-corporelles initialement conçues pour les sportifs de haut niveau et les militaires. Elles permettent de mobiliser ses ressources internes pour gérer le stress et optimiser la récupération.

La solitude : dimension cachée de la maladie grave

On peut être entouré de soignants compétents, d’un conjoint aimant, d’une famille présente. Et pourtant vivre une solitude abyssale.

Car le soir, on se couche avec cette réalité dans la tête. Seule. Pendant la chimiothérapie, malgré la présence des soignants, on est seule face à ce qui se passe dans son corps. En radiothérapie, seule sous la machine. Face à l’abîme d’une mort potentielle, fondamentalement seule.

Cette solitude n’est pas un manque d’entourage. C’est la nature même de l’épreuve : personne ne peut la vivre à votre place. Les proches compatissent, mais le cancer effraie aussi. Ils veulent aider, mais comment ? Cette distance invisible s’installe, difficile à nommer, impossible à combler totalement.

L’apport de la Méthode TOP© : Face à cette solitude existentielle, les techniques de respiration et les bulles ressources deviennent des compagnons intimes. Des outils que je peux mobiliser à trois heures du matin, dans le silence de l’angoisse, pour retrouver un peu de stabilité. La Météo TOP quotidienne m’a permis de rester en contact avec moi-même, de ne pas me perdre complètement dans la maladie.

Le paradoxe : hyperactivité médicale et impuissance du patient

Avant les traitements : une course contre la montre où je me suis sentie profondément impuissante.

Tout s’enchaîne très vite (et heureusement, merci au système de santé français). Examens, consultations, décisions. Une machine médicale qui se met en branle avec efficacité. Mais pour la patiente ? Une attente. Une suspension. Une dépossession de son propre corps.

Pendant les traitements : entrer dans le combat, l’action.

Paradoxalement, les protocoles apportent un cadre rassurant. Un parcours balisé, jour après jour, heure par heure. Quatre cycles de chimiothérapie lourde. Rapidement complétées par trente-cinq séances quotidiennes de radiothérapie. On entre dans une forme de combat organisé où chaque séance franchie est une petite victoire.

Mais ce combat est épuisant au-delà de l’imaginable. Les deux premières semaines de chimiothérapies vous mettent littéralement à terre. J’ai perdu mes repères, ma capacité à se tenir debout, à accomplir les gestes les plus simples. Manger. Boire. Se laver. Marcher.

L’apport de la Méthode TOP© : La Préparation Mentale de la Réussite (PMR) m’a permis de visualiser positivement chaque séance avant d’y aller, de transformer une partie de cette impuissance en préparation active. Les respirations pour réguler le stress avant chaque traitement, pour me dynamiser quand il fallait trouver la force de simplement me lever. Le dialogue interne positif pour transformer « je n’y arriverai pas » en « je fais ce que je peux, maintenant ».

Dire ou ne pas dire : la complexité du dévoilement

Après l’été, l’impératif de devoir annoncer la maladie. Mais comment ?

Je ne voulais pas qu’on me plaigne. Un cancer, c’est devenu presque banal quelque part – mais le mot stigmatise encore. Il peut déclencher, malgré les meilleures intentions, une forme d’exclusion subtile du monde professionnel. Les gens ne savent pas comment réagir. Certains s’éloignent par peur ou maladresse.

Le courage, ce mot que l’on réserve toujours aux autres.

Quand on fait face à des événements graves, on relativise systématiquement sa propre situation. « Ce n’est pas la pire. » On ne s’approprie pas le mot courage. On le réserve à ceux qui souffrent davantage, à ceux qui ont des cancers plus agressifs, à ceux qui ont des enfants en bas âge.

Mais cette humilité peut aussi devenir une forme de déni de sa propre souffrance. Une difficulté supplémentaire à demander de l’aide, à reconnaître qu’on a le droit, nous aussi, d’être épuisée, effrayée, en détresse.

Le travail : ancrage paradoxal dans la tempête

Quelque chose d’inattendu : j’ai vu combien travailler, quand le travail a du sens, fait du bien.

Continuer à jouer mon rôle de dirigeante de Coévolution, à tenir mes responsabilités, à piloter des projets pendant mes phases de répit – cela a été salvateur. Non pas par déni de la maladie, mais parce que cela maintenait un lien avec mon identité professionnelle, avec ce qui fait sens dans ma vie.

Le monde du travail peut être un accompagnement formidable, avec des aménagements. Une équipe professionnelle engagée, la confiance de clients qui comprennent sans vous réduire à votre maladie. Ce maintien partiel d’activité a été thérapeutique.

Mais demander ces aménagements, demander de l’aide, reste compliqué. Même avec des proches, même dans un environnement bienveillant. Il y a cette crainte d’être perçue différemment, de perdre sa légitimité, d’être mise sur la touche « pour son bien ».

L’apport de la Méthode TOP© : La Météo TOP m’a permis d’ajuster mon activité professionnelle à mes capacités réelles du jour. Certains jours, une heure de réflexion stratégique était possible. D’autres, rien. Accepter cette variabilité sans culpabilité a été libérateur. Les techniques de récupération entre les moments d’activité ont optimisé mes rares fenêtres de disponibilité cognitive.

L’après-traitement : le mythe de la fin

« C’est fini, c’est passé, c’est derrière toi. »

C’est ce que les proches pensent sincèrement quand les traitements s’arrêtent. C’est ce que les médecins eux-mêmes laissent entendre : « Vous vous en sortez bien. »

Mais non. Et c’est difficile à expliquer à ceux qui n’ont pas traversé cela.

Les douleurs persistent. La fatigue reste écrasante. Les troubles cognitifs (« chimio brain ») compliquent le quotidien. Les séquelles physiques de la radiothérapie nécessitent des mois de soins (cure thermale, kinésithérapie, accompagnement diététique). L’anxiété face à la récidive s’installe.

Et paradoxalement, c’est souvent dans cette phase que le soutien s’étiole. L’équipe médicale se retire. Les proches, soulagés, reprennent leur vie normale. On peut se retrouver plus isolée après qu’avant ou pendant les traitements.

Il est crucial de ne pas être lâché dans la nature après la fin des protocoles. C’est à ce moment-là, grâce aux échanges avec ma psycho-oncologue, que j’ai vraiment accepté la maladie et ses impacts durables. Ces discussions ont ouvert un nouveau champ de réflexions essentielles pour ma reconstruction.

L’apport de la Méthode TOP© combinée avec le travail thérapeutique de suivi: La méthode continue d’être utile bien au-delà des traitements. Pour gérer les séquelles, les angoisses, les troubles du sommeil. Pour accompagner la reprise progressive d’activité. Pour accepter ce nouveau corps, cette nouvelle réalité, sans s’épuiser à vouloir retrouver « l’avant ».

Les aidants : ces héros invisibles sous pression

Le cancer est toujours un sacré coup dans une famille.

Mon mari a été un pilier indispensable. Mais le fardeau pour les aidants est immense : 40% y consacrent plus de six heures par jour. Ils deviennent cuisiniers, chauffeurs, secrétaires médicaux, soutiens psychologiques. Tout en gérant leur propre angoisse, leur propre épuisement.

87% des patients affirment qu’ils n’auraient pas pu affronter la maladie de la même manière sans leurs proches. Mais 57% reconnaissent que la charge est trop lourde pour eux.

La complexité des attentes mutuelles : On voudrait qu’ils comprennent sans avoir à expliquer. Eux voudraient savoir comment aider sans être maladroits. La communication devient un exercice d’équilibriste. Les silences se chargent de non-dits. La culpabilité s’installe des deux côtés.

Et quand les traitements se terminent, les aidants aussi ont besoin d’accompagnement pour cette transition. Pour déposer leur propre charge émotionnelle, pour retrouver leur équilibre.

L’apport de la Méthode TOP© pour les aidants : Les techniques sont tout aussi pertinentes pour eux. Gestion du stress, prévention de l’épuisement, régulation émotionnelle face à l’impuissance et à la peur. Plusieurs aidants de mon entourage ont bénéficié de ces outils.

Ce que la science dit des interventions psycho-corporelles

Au-delà de mon expérience personnelle, les données scientifiques valident massivement l’intérêt des approches comme les TOP® :

Réduction de l’anxiété : Les méta-analyses montrent une diminution de 30% des symptômes anxieux chez les patients pratiquant régulièrement des techniques de gestion du stress (Journal of Clinical Oncology, 2019).

Amélioration de la qualité de vie : Une étude de Stanford (2020) sur 400 patients atteints de cancers digestifs démontre des bénéfices significatifs sur le sommeil, la fatigue et le bien-être global.

Meilleure observance thérapeutique : Les patients utilisant ces techniques ont 25% de chances supplémentaires de suivre leur traitement jusqu’au bout, avec moins d’abandons de séances (étude française, 2021).

Mécanismes physiologiques : La respiration contrôlée active le nerf vague, réduit le cortisol, module la perception de la douleur. L’imagerie mentale renforce les circuits neuronaux de la résilience. Ce ne sont pas des effets placebo, ce sont des modifications mesurables du système nerveux autonome.

La Méthode TOP©: des outils concrets face au chaos

Les Techniques d’Optimisation du Potentiel, développées par le Dr Edith Perreaut-Pierre, ne sont pas une médecine alternative.

Ce sont des outils complémentaires, validés depuis trente ans auprès de sportifs de haut niveau, de militaires, de soignants en situation de stress intense.
En tant que praticienne TOP©, j’avais la chance de maîtriser ces techniques avant la maladie. Elles ont été absolument décisives.
✔️La Météo TOP : accepter la variabilité
Chaque matin, un bilan rapide de mon état physique, émotionnel, mental. Puis adapter mes activités à mes capacités réelles du jour. Certains matins, me lever était déjà une victoire. D’autres, je pouvais marcher un peu, travailler une heure.
Cette acceptation de la variabilité, sans culpabilité ni lutte acharnée contre mes limites, a préservé mon énergie et ma santé mentale.
✔️Les respirations : reprendre le contrôle quand tout échappe
Pour réguler le stress : Avant de partir à l’hôpital. Avant et pendant les séances de chimiothérapie. Face aux crises d’angoisse nocturnes. Pour gérer le stress induit par les pics de douleur.
Pour me dynamiser : Au réveil, pour trouver la force de me lever. Avant les gestes du quotidien devenus épuisants. Pour lutter contre la fatigue écrasante.
Ces respirations de quelques minutes me redonnaient un minimum de contrôle sur mon corps et mes émotions dans les moments de totale impuissance.
✔️Les bulles sensorielles : des refuges mentaux portables
Créer mentalement des espaces de sécurité, des lieux apaisants. Me couper temporairement de la dureté de l’environnement hospitalier, de la violence des traitements. Mobiliser mes cinq sens dans des visualisations positives pour atténuer les sensations désagréables.
Ces bulles, je pouvais les déployer n’importe où, n’importe quand. Dans la salle d’attente. Pendant la perfusion. À trois heures du matin face à l’insomnie anxieuse.
✔️Le dialogue interne : contrer les spirales destructrices
Face à une maladie aussi agressive, les pensées catastrophiques envahissent rapidement l’esprit.

💬J’ai travaillé systématiquement à reformuler :
– « Je n’y arriverai pas » devient « Je fais ce que je peux, maintenant« 
– « C’est insupportable » se transforme en « C’est difficile, mais je trouve des ressources« 
– « Je suis finie » laisse place à « Je traverse une épreuve, je ne suis pas l’épreuve« 
Ce travail cognitif a été fondamental pour maintenir espoir et motivation.
✔️La Préparation Mentale de la Réussite (PMR)
Visualiser mentalement, de manière détaillée et positive, le déroulement d’une séance difficile avant d’y aller. Anticiper positivement les examens de contrôle. Me projeter dans ma récupération.
Cette technique a transformé une partie de mon anxiété anticipatoire en préparation active, réduisant significativement mon niveau de stress.

La métamorphose : ce que le cancer transforme

Cette maladie m’a rendue plus humble, plus lucide, plus forte et engagée.

Humble face à la fragilité de la vie, à l’impermanence de tout. Lucide sur la complexité des situations, sur l’impossibilité de juger les choix d’autrui. Forte d’avoir traversé l’impensable et d’en être sortie vivante.

Elle a renforcé encore mes capacités d’empathie, mon respect profond pour ce que chacun peut vivre. Ma certitude que les choses sont complexes, si complexes, et qu’il faut se garder de tout jugement hâtif.

Vivre après un cancer, c’est repenser ses priorités. Me concentrer sur l’essentiel et ce qui est positif dans ma vie est devenu ma boussole. Car vivre bien, c’est se focaliser sur ce qui compte vraiment : les relations authentiques, le travail qui a du sens, l’engagement pour ce qui nous dépasse.

Cette épreuve a confirmé mes choix professionnels. Mon métier de dirigeante de Coévolution, coach, praticienne TOP© et gestalt-thérapeute est un bonheur quotidien. L’accompagnement de personnes en transition, la transmission d’outils comme les TOP©, prennent aujourd’hui une résonance encore plus profonde.

Message aux patients et aux aidants

Où trouver la force de demander de l’aide ? Et comment en apporter ?
Ces questions me hantent encore. Demander de l’aide reste difficile, même quand on sait rationnellement qu’on en a besoin. La vulnérabilité qu’il faut accepter, le sentiment de dépendance, la peur de peser sur les autres.
Mais j’ai appris que demander de l’aide, c’est aussi donner aux autres l’opportunité d’être utiles, de contribuer, de se sentir moins impuissants.

C’est un don autant qu’une demande.


Quelques convictions forgées dans l’épreuve :
1.Mobilisez toutes les ressources disponibles – médicales, paramédicales, psychologiques, complémentaires. Ne vous limitez pas au protocole standard. Les soins de support (médecine chinoise, acupuncture, massages, ostéopathie, activité physique adaptée) peuvent considérablement améliorer votre qualité de vie.
2.Les techniques psycho-corporelles ne remplacent pas les traitements, mais elles constituent un complément précieux validé scientifiquement. Méthode TOP©, sophrologie, méditation, yoga – trouvez ce qui vous convient.
3.Choisissez votre équipe soignante avec soin. L’alliance thérapeutique est déterminante. Vous avez le droit de chercher un médecin avec qui le contact passe, qui vous considère comme une personne et pas seulement comme un dossier.
4.Les aidants doivent aussi être soutenus. Leur équilibre est crucial pour vous comme pour eux. Encouragez-les à utiliser les ressources disponibles, à prendre du répit, à ne pas s’oublier complètement.
5.L’après-traitement nécessite un accompagnement structuré. Ne minimisez pas cette phase. C’est souvent là que le vrai travail d’acceptation et de reconstruction commence.
6.Du sens peut émerger même dans l’adversité la plus dure – non pas que la souffrance soit nécessaire ou bonne, mais qu’elle peut transformer profondément notre rapport à l’existence.

Conclusion : trouver de la force dans la vulnérabilité

Mon parcours avec ce cancer a été une épreuve ravageante. Mais grâce à une alliance thérapeutique solide, au soutien indéfectible de mes proches, à mon expérience gestaltiste et aux outils de la Méthode TOP© mobilisés quotidiennement, j’ai traversé cette tempête.

Je témoigne aujourd’hui non pas pour glorifier la souffrance ou idéaliser la résilience, mais pour partager des outils concrets. Pour dire à ceux qui traversent cette épreuve : vous n’êtes pas seuls, même dans votre solitude. Il existe des ressources, des techniques, des accompagnements qui peuvent alléger le fardeau.

Les Techniques d’Optimisation du Potentiel développées par le Dr Edith Perreaut-Pierre ne sont pas une solution miracle. Mais elles constituent un atout réel et scientifiquement validé pour mieux gérer le stress, la fatigue, la douleur et maintenir sa motivation.

Parler de cette épreuve est thérapeutique pour moi. C’est aussi un moyen de tisser des liens avec ceux qui traversent des moments similaires, patients comme aidants. De briser un peu cette solitude dont je parlais au début.

Ensemble, nous pouvons trouver de la force dans la vulnérabilité.

À propos de Coévolution

Coévolution accompagne depuis 2008 les organisations et individus dans leurs transitions. Nous proposons des formations à la Méthode TOP® pour les professionnels de santé, les managers, et toute personne souhaitant développer ses ressources face aux situations exigeantes.

Auteure : Sylvaine Scheffer, coach professionnel et Praticien TOP